CONAPAC-RDC

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Déclaration de la CONAPAC à l’occasion de la journée mondiale de la Terre.

La Confédération Nationale des Producteurs Agricoles DU CONGO ; CONAPAC en sigle, profite de cette Journée Mondiale de la Terre pour transmettre ce message au moment où le monde traverse des moments difficiles sur le plan sanitaire principalement à cause de la présence de la pandémie Corona virus. Cette journée internationale consacrée à la terre est une occasion pour la communauté mondiale de faire le bilan de tous les griefs et dégâts crées par l’activité humaine sur la terre. En effet, ce dernier temps nous observons impuissamment des calamités et catastrophes naturelles partout au monde (inondations, tremblements de terre, feu de brousses, la pollution atmosphérique, envahissements par des criquets migrateurs….). Des graves maladies jadis oubliées ont fait leurs réapparitions et nouvelles pandémies sont entrain de bousculer l’ordre mondial. La Pandémie de virus corona vient renforcer une situation qui était déjà grave sur le plan sanitaire. En effet, les épidémies EBOLA, les maladies cardiovasculaires et le diabète, le SIDA et bien d’autres sont à nouveau à l’ordre du jour. La situation mondiale autour de la terre se présente de la manière suivante : (cfr draft de document de politique foncière CONAREF R.D.C).  29% des terres émergées (14.900 millions d’hectares); dont seulement 22% sont africaines;  22% seulement sont cultivables (3.278 millions d’hectares); de nombreuses surfaces étant constituées de déserts (17%), de glaces (10%), de pentes trop fortes (18%) ou tout simplement frappées par un climat trop froid (16%), etc.  71% des terres émergées se trouvent dans l’hémisphère Nord (au-dessus de l’Equateur)  2,5% des eaux planétaires sont douces (donc utilisable pour l’agriculture. La terre comme patrimoine commun de l’humanité est fatiguée. Elle a été surexploitée par l’activité humaine. Tout le monde a cru qu’elle n’était pas un être vivant. Tous les équilibres ont été fragilisés à cause de cette surexploitation. Le monde tremble. Les gens ont peur. La terre se venge. Les pays qui ont pollué et qui ont pris conscience qu’ils ont tellement surexploité leurs ressources naturelles ont tendance à se diriger vers les continents qui en disposent encore. Ainsi l’Afrique, est devenue la terre de prédilection des grandes puissances et des grandes sociétés (multi et trans)- nationales afin de s’accaparer de ce qu’il en reste encore. Des pays comme la R.D.C. avec tout son potentiel est donc un objet de convoitise et nos dirigeants devraient prendre conscience du sens de la mesure. Avec ses 135 millions d’hectares de terres agricoles arables, représentant à peu près 34% de la superficie totale du territoire national et son important réseau hydrographique (le plus important d’Afrique), la RDC aurait pu, à elle seule, constituer une part importante de la réponse aux enjeux fonciers nationaux et globaux tels qu’exposés ci-dessus. Mais l’absence d’une politique foncière nationale à jour et l’anachronisme du régime foncier actuel issu de la loi du 20 juillet 1973 n’ont pas permis au pays de mettre à contribution son important capital foncier. La R.D.C disposent en plus du deuxième poumon mondial forestier, de 6% de la forêt mondiale, 46% africaine, et 57% de la forêt du bassin équatoriale. Les eaux de la R.D.C sont déjà sollicitées pour approvisionner les autres pays qui n’ont pas eu la chance d’en être dotés. (Cfr dossier transfèrement des eaux de la rivière Ubangi vers le lac Tchad) Les pays voisins de la R.D.C souhaitent vivement participer à l’exploitation des nombreuses ressources car ils estiment qu’elles ne sont pas assez exploitées pour contribuer au bien-être global de la communauté mondiale. La terre en R.D.C fait donc l’objet des luttes pour l’accès, la gestion et le contrôle de la part de tous les acteurs concernés. La CONAPAC a observé pendant plus d’une décennie une sorte de tendance à l’accaparement des ressources dont principalement la terre, non seulement pour la mettre en valeur mais surtout pour la thésauriser en espérant une spéculation future. D’autres choisissent des grandes superficies pour une exploitation minimale soit en ferme d’élevage, soit pour une exploitation agricole très partielle et extensive au détriment des communautés locales. L’Etat congolais a aussi, avec sa politique de parcs agro –industriels, dépossédé des communautés avec la noble vision de booster la production dans le secteur agricole. Malheureusement, les résultats de cette politique n’ont pas répondu aux attentes des communautés et de la nation. Un tel comportement des acteurs nationaux et internationaux ne peut que conduire à de frustrations des communautés riveraines qui n’ont pas d’espaces de vie et pour faire leurs cultures. La CONAPAC invite donc les acteurs politiques à une plus grande responsabilité et une prise de conscience afin que soit définie une politique foncière protégeant la majorité de la population, les paysans producteurs agricoles familiaux et contribuant à la sécurité alimentaire et à la souveraineté du pays. En ces moments difficiles de pandémie de corona virus ; seuls les pays qui auront fait de l’agriculture familiale un enjeu stratégique vont résister à cette catastrophe alimentaire qui s’annonce. En R.D.C nous devrons éviter une situation des paysans sans terre et des terres sans paysans. Pareille situation serait surement à la base d’une insécurité politique et alimentaire qui déstabiliserait notre pays. Cette situation est à la base des conflits fonciers interminables partout en R.D.C. Les provinces de l’Est, déjà surpeuplées sont les plus touchées par ce phénomène d’accaparement des terres. Les mouvements de transhumance observés au Nord Est de la R.D.C constitue une menace sérieuse contre l’intégrité foncière et surtout pour les petits exploitants agricoles. En ce jour où nous célébrons la Journée Mondiale de la Terre, la CONAPAC rappelle que la terre reste une ressource quantifiable et donc non renouvelable. La manière dont nous la gérons a certainement des conséquences non seulement sur la paix mondiale mais aussi sur la qualité de la vie des tous les êtres humains qui l’habitent. La R.D.C devra faire un effort pour mettre en place une politique dynamique de gestion de la terre. « La Terre : pour nous Unir et non pour nous Diviser… La Terre : pour nous Enrichir et non pour nous Appauvrir… La Terre : pour nous faire Vivre et non pour nous faire Tuer ». (Cfr discours de l’ancien président de la R.D.C joseph Kabila Kinshasa, 19-21Juillet 2012). La CONAPAC soutient donc le processus de réforme foncière tout en invitant les animateurs de la CONAREF à plus d’engagement afin de doter notre pays de sa politique foncière dans le meilleur délai. En effet, elle a l’impression que le processus évolue en pas de tortue et cela risque de torpiller tous les efforts fournis jusqu’en ce jour. Bonne fête pour tous les habitants qui n’ont que leur portion de terre comme seule ressource. Que vive notre mère nourricière la Terre. Que vive la R.D.C. Que vive la CONAPAC. Ainsi fait à Kinshasa, ce 22 avril 2020 Pour la CONAPAC METHUSALEM PALUKU MIVIMBA Président.

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