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CONFEDERATION NATIONALE DES

PRODUCTEURS AGRICOLES DU CONGO

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La CONAPAC a adressé un mémo au Président de la République

Ce mémorandum des organisations paysannes des producteurs et productrices agricoles pour le renforcement de l’agriculture familiale en RDC a été adressé au président de la République à l’ occasion de l’investiture du gouvernement Ilunga Ilunkamba et de sa dernière tournée en Belgique en septembre 2019.

I.INTRODUCTION.
Excellence Monsieur le Président de la République Démocratique du Congo, Avec toute notre déférence :
La confédération Nationale des Producteurs Agricoles du Congo, en sigle CONAPAC est une organisation à portée nationale réunissant plus de 500 000 ménages membres soit environ 3.500 000 personnes à travers 14 fédérations provinciales sur les 26 provinces administratives du pays. Ces ménages pour la plupart sont des petits producteurs agricoles vivant à plus de 80% en milieux rural et principalement de l’agriculture au sens large.
La CONAPAC a pour objectifs de promouvoir, représenter et défendre les intérêts des petits producteurs familiaux en s’orientant vers la professionnalisation et le développement des filières agricoles vertes qui tiennent compte de la protection de l’environnement et de renforcement économique de ses membres selon les spécificités de leurs provinces respectives . Elle est en collaboration étroite avec d’autres acteurs œuvrant dans les autres secteurs ayant un impact sur la vie du petits producteurs agricoles en RDC et au monde.
C’est dans ce cadre , qu’au cours d’une grande rencontre organisée à Kinshasa, ce 29 Août avec ses membres, ses partenaires et alliés, la CONAPAC a été mandatée de mobiliser toutes les structures engagées dans la défense des intérêts de ces agriculteurs, à vous adresser, Excellence Monsieur le président de la République , un mémorandum à l’occasion de l’investiture de ce qu’il convient de qualifier de premier gouvernement de votre ère et de votre visite annoncée, à Belgique pour l’intérêt de nation congolaise.

Excellence Monsieur le président de la République, tout d’abord, la CONAPAC et ses alliés profite de cette occasion, pour vous transmettre toutes ses félicitations pour les nouvelles fonctions et grandes responsabilités que vous occupez depuis pratiquement le début de cette année. Que le DIEU tout puissant vous accorde toute la sagesse nécessaire afin de conduire ce grand bateau, qu’est la R.D.C en bon port.

L’avènement du premier gouvernement sous votre règne est un signe d’un bon progrès vers la lutte contre la pauvreté et surtout pour l’amélioration des conditions de vie de la majorité des congolais qui se retrouvent être parmi les plus paysans vivant dans les milieux ruraux dont se réclament la CONAPAC.

II.DES OPTIONS DE LA CONAPAC PAR RAPPORT AUX ORIENTATIONS A DONNER AU SECTEUR AGRICOLE.

La CONAPAC soutient l’agriculture familiale qui se définit de plusieurs manières dont celle qu’on peut exprimer en ces termes et adoptée par la confédération des paysans Congolais. L’agriculture familiale est un moyen qui permet d’organiser la production agricole, forestière, halieutique, pastorale ou aquacole qui, sous la gestion d’une famille, repose essentiellement sur de la main d’œuvre familiale, aussi bien que les femmes que les hommes. La famille et l’exploitation sont fortement liées entre elles, la famille apporte l’essentiel de la force de travail et contrôle les principales ressources sur lesquelles repose l’exploitation.

Dans ce mémorandum, il ne s’agit pas de présenter les avantages que présente l’agriculture familiale en général et dans le contexte de la R.D.C en particulier, mais de présenter les attentes des petits agriculteurs et agricultrices en particulier à l’occasion de l’investiture du gouvernement congolais et de votre visite à Belgique, pays de la plus part des partenaires non gouvernementaux qui soutiennent la CONAPAC à savoir SOS/FAIM Belgique, SOLSOC, BD, TRIAS à travers la DGDC. En R.D.C, la loi portant principes fondamentaux relatifs à l’agriculture définit trois types d’exploitation agricoles comme suit : Article 14.

Article 14 L’exploitation agricole peut être familiale, de type familial ou industriel. .Est familiale, toute exploitation dont le personnel est constitué des membres de la famille de l’exploitant.
Est de type familial, toute exploitation familiale qui recourt à une main d’œuvre contractuelle et qui constitue une unité de production d’une capacité moyenne. Est industrielle, toute exploitation dont l’étendue, les moyens en hommes et en matériels donnent un important potentiel de production.

III. ATTENTES DES ORGANISATIONS PAYSANNES.

Au moment où le premier gouvernement de l’après alternance pacifique et civilisée s’installe, la CONAPAC tient à soumettre à votre excellence, les attentes ci-après lesquelles constituent des préoccupations majeures afin de soutenir la promotion de l’agriculture familiale.

1. La nécessité urgente de mettre en place un cadre juridique via la loi organique portant politique agricole comme préalable à toute coopération bilatérale dans ce secteur.

En effet, la R.D.C ne dispose pas d’une politique agricole déterminant les grandes orientations stratégiques qui pourraient servir de cadre générale de toutes les actions dans le secteur. Cette absence est à la base des actions dispersées, des programmes incohérents ne répondant pas généralement aux besoins des communautés. La CONAPAC et ses alliés pensent qu’il est plus qu’urgent que votre gouvernement puisse lever les options à travers une politique agricole et, elle est prête à accompagner le gouvernement dans ce processus.

2. Rendre opérationnelles les mesures d’application de la loi agricole
Depuis que la loi agricole a été promulguée, une commission a été créée et les propositions des mesures d’application ont été envoyées à la commission des lois. Ces propositions de lois n’ont jamais été envoyées au Gouvernement pour une prise d’arrêté par le Premier ministre.

3. Un soutien particulier à l’agriculture familiale
Le contexte sociopolitique de la RDC ne lui permet pas de se passer de l’agriculture familiale qui regorge plus de 80% de producteurs et productrices vivant dans nos milieux ruraux. En effet, c’est cette agriculture qui produit plus de 80 % des vivres, qui nourrit la quasi-totalité des populations rurales, est à la base de la création d’emplois et de revenus en milieux ruraux comme urbains. La professionnalisation des ménages à travers la mécanisation, la sécurisation des zones de production ; facilités à accorder aux agriculteurs locaux ; entretien des routes de desserte agricole, l’implantation des unités de transformations et de conservation des produits agricoles soutiendrait la politique dont se revendique l’actuel gouvernement à travers ses intentions de faire de l’agriculture, une priorité des priorités. La CONAPAC et ses alliés attendent des signaux forts pour matérialiser cette ambition pour autant que la RDC dispose des potentiels importants jusqu’à présent sous utilisés en matière agricole.

4. Fournir un effort soutenu pour le respect des engagements de MAPUTO .
La R.D.C est signataire des accords de MAPUTO renforcés par la déclaration de MALABO du 9 novembre 2013, obligeant les pays signataires à porter le budget dédié à l’agriculture à 10% d’ici 2020. Les analyses faites de budgets de la RDC, pour les dix dernières années montrent que ce budget n’a jamais dépassé 4% et le décaissement n’a jamais atteint 2%. Les affectations faites des dépenses présentent aussi un déséquilibre entre les dépenses administratives c’est-à-dire couvrant les frais de fonctionnement absorbent toujours plus de 75% de ce budget et les 2% sont libérés difficilement par le trésor public.

5. Mettre en application les acquis de l’arrêté interministériel du 10/11/2012 portant sur l’exonération sur l’importation des intrants agricoles.
En outre, dans le cadre de la mise en application de la loi portant principes fondamentaux relatifs à l’agriculture, spécialement ses articles 72 et 73, le gouvernement congolais a signé un arrêté interministériel portant exonération des intrants agricoles entre le ministère de l’agriculture et des finances en date du 10/11/2012.

Jusqu’à présent, les organisations paysannes des agriculteurs et agricultrices peinent à convaincre les différents services impliqués dans la mise en œuvre afin de faciliter la tâche aux agriculteurs et agricultrices pour l’importation des intrants dont ils ont besoin pour accroitre la productivité agricole. Une telle mesure permettrait aussi à la R.D.C. de procéder à la modernisation et la petite industrialisation agricole comme cela s’observe dans les pays voisins. La conséquence est que ces producteurs productrices sont obligés de recourir aux pays étrangers surtout les pays voisins entrainant ainsi une faible compétitivité par rapport à leurs collègues de ces pays voisins. Nos villes frontalières sont de plus en plus nourries par ces pays ce qui constituent une honte au vu de toutes les potentialités dont dispose notre pays.

6. Soutenir le mouvement paysan à travers la CONAPAC.
Les pays qui ont résolu les questions de la faim et la sécurité alimentaire, sont ceux qui ont soutenu des dynamiques paysannes qui mobilisent les producteurs et productrices agricoles. En RDC, la CONAPAC s’est révélée être la dynamique la plus avancée en matière d’accompagnement des producteurs et productrices en même temps être un interlocuteur important pour la mise en œuvre des programmes gouvernementaux tant au niveau national, provincial et local. Il est important qu’en retour, le gouvernement congolais puisse lui assurer un appui conséquent afin de lui rendre capable de contribuer davantage au développement socioéconomique de la RDC.

7. Engager les entreprises minières vers l’agriculture dans le cadre de la responsabilité sociétale des entreprises.
Le code minier de la RDC oblige les sociétés minières dans le cadre de la responsabilité sociétale des entreprises, à investir dans d’autres secteurs notamment dans l’agriculture. La conférence minière qui vient de se tenir à KOLWEZI, a reconfirmé cet engagement. La RDC dispose déjà d’un grand nombre de sociétés qui devraient soutenir l’agriculture familiale afin d’éviter à son peuple les humiliations dues à l’importation des produits vivriers de base.

8. Favoriser le transfert des compétences dans le secteur de l’agriculture.
Depuis plus d’une décennie, la RDC n’a plus bénéficié d’une coopération technique systématique de manière à ce que nous ayons un retard sérieux dans les nouvelles technologies agricoles. La relance de la coopération technique pourrait être une grande opportunité dans ce sens qu’elle nous permettra un transfert progressif des compétences afin de booster notre agriculture.

9. La nécessité de rendre effective la décentralisation.
Votre avènement à la tête de la nation a prouvé que l’alternance est nécessaire pour innover et pour impulser une nouvelle dynamique. Malheureusement, le processus électoral n’a pas permis aux populations de renouveler leurs dirigeants de proximité à la base. L’Effectivité de la décentralisation qui passe par l’organisation des élections locales et le respect du cadre existant à ce jour aura l’effet de promouvoir le développement à la base. Le peuple a le droit de se choisir ses dirigeants et nous vous exhortons de bien finaliser ce processus qui a toujours été arrêté à mi-parcours sans savoir les vraies motivations de ceux qui sont sensés organiser les élections jusqu’à la base.

IV.CONCLUSION.
En conclusion, Monsieur le président de la République, la CONAPAC et ses alliés vous réitèrent encore une fois, ses encouragements dans la conduite de la nation congolaise afin de tirer finalement le pays vers son émergence d’ici 2020 à 2030.
Ceci ne sera possible que par une politique agricole bien réfléchie, qui prenne en compte les avantages de l’agriculture familiale, l’investissement dans le secteur agricole des multiples société minières comme cela se passe dans d’autres pays, l’appui au mouvement associatif des producteurs et productrices agricoles au niveau national, provincial et local, le transfert des compétences et la gouvernance locale dans un processus de décentralisation.

Ainsi fait à Kinshasa, le 6 septembre.2019.
Pour la CONAPAC :
METHUSALEM PALUKU MIVIMBA.
PRESIDENT.