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Festival de Film Alimenterre (FAT): des films sur les questions agricoles projetés à travers le pays.

La caravane du Festival de Film Alimenterre organisé par SOS FAIM et ses partenaires, a bien démarré le samedi 16 novembre 2016. Elle est partie de rayons de la bibliothèque de la  Délégation Wallonie Bruxelles pour aller illuminer la soirée organisée dans la salle polyvalente de Beatrice Hôtel par la Confédération des Producteurs agricoles du Congo (CONAPAC). Les deux séquences ont tenu leurs promesses ; une participation forte avec un public intéressé, presque acquis à la cause paysanne et de l’agriculture familiale, composée pour la plupart de délégations paysannes venues de quinze provinces pour participer aux travaux du Comité de pilotage du programme PASPPOR et à l’assemblée générale de la CONAPAC. Il faut dire que l’agriculture familiale a été au centre de débats qui ont redonné au FAT  sa vraie connotation d’être un évènement incontournable pour toutes celles ou tous ceux qui s’intéressent aux enjeux fondamentaux  de l’alimentation et de l’agriculture dans le monde.

Le lancement à la a bibliothèque de la délégation Wallonie Bruxelles

C’est dans une ambiance bonne enfant ouverte par le mot de bienvenu dit par Mme Brailly Katheryn, Déléguée de Wallonie Bruxelles en RDC, que la cérémonie de lancement du Festival de Film Alimenterre a débuté. Ensuite,  Mme Mireille Bishikwabo a pris la parole pour présenter la 3ème édition du FAT ; une édition qui se tient du 16 au 20 novembre à Kinshasa et dont la particularité sera  d’être vécue également en provinces, contrairement aux deux premières organisées en 2017 et 2018. Cette fois–ci, le FAT a couru du 02 au 09 décembre 2019 à travers le  Kongo central  dans les villes de Mbanza ngungu, Matadi et Lukula, à l’Equateur à Mbandaka, dans la province de la Tshopo et dans le Maindombe, au Kasai Oriental et enfin au Kwuilu. Et cela, grâce aux organisations partenaires comme CENADEP, Enabel, et BD.

Pour Mme Mireille, c’est l’occasion pour le public de pouvoir proposer des alternatives et des pistes d’actions surtout pour la RDC où l’on déplore des nouvelles habitudes alimentaires des Congolais qui preferent aujourd’hui consommer des produits « numerotés » et importés vendus sur des grands espaces commeciaux que des aliments locaux produits par les paysans congolais. « Nous consommons ce que nous ne produisons pas » , a déclaré Mme Mireille Bishikwabo qui, à la fin,  a appelé le public à participer activement à la 3ème édition du FAT qui se tient à A Kinshasa, plusiuers sites vont accueillir le Festival, notamment l’Espace Texaf Bilembo, la Gare Central et l’UCOOPMAKIN à Ndjili CECOMAF.

Prenant à son tour la parole, M. Methusalem Paluku Mivimba, le Président de la CONAPAC a, d’abord remercier vivement l’initiative, si louable entreprise par SOSFAIM et ses partenaires pour l’organisation de ce festival Alimenterre. Pour M. PALUKU, la CONAPAC se réjouit de cette opportunité qui ouvre un espace pour de débat sur les questions de l’agriculture familiale en vue de proposer des réponses aux revendications des producteurs agricoles congolais, notamment sur des questions sur les problèmes liés  au foncier, à l’accès au marché, aux intrants, au financement de l’agriculture familiale. La CONAPAC, faitière nationale et porte-voix des petits exploitants agricoles familiaux, voudrait saisir cette occasion pour « faire son plaidoyer » . Fort de son slogan : « L’agriculture familiale peut nourrir la RDC si elle est soutenue », la CONAPAC  veut porter haut sa voix pour faire la promotion de l’agriculture familiale. 

Le président de la CONAPAC a rappelé que la présente édition se tient dans un contexte de lancement dès 2019 des actions d’envergure aussi bien  niveau international que des pays dans le cadre de la Décennie de l’Agriculture familiale proclamée par les nations Unies.  « Nous voudrons faire de cette rencontre un espace où nous devons interpeller notre conscience sur le devenir du secteur agricole dans notre pays et du développement du milieu rural et du bien-être du paysan producteur agricole. », a dit M. PALUKU  a noté que les accords de libre-échange présentés par les pays développés comme stratégie pour favoriser l’accès au marché accentuent la misère et la pauvreté des paysans. Cela du fait que les producteurs agricoles congolais ne savent pas faire face à la concurrence compte tenu du faible niveau de développement de notre agriculture,  moins compétitive sur le plan international.

M. Paluku demande que le métier de l’agriculture soit reconnu d’autant plus qu’il constitue un secteur socio professionnel capable de contribuer au développement et de créer de l’emploi pour la population. Il a profité de cette occasion pour amplifier les revendications des organisations paysannes , notamment : l’accès à la terre et la sécurisation foncière des exploitants agricoles soient assurés et surtout pour les petits producteurs ; l’accès aux financements agricoles soit garanti pour les producteurs agricoles, l’accès aux intrants agricoles et aux marchés des produits agricoles soient assurés ; l’accès aux informations et aux nouvelles technologies ;l’appui à la structuration des producteurs agricoles en filières ou coopératives, la définition d’une bonne politique agricole….

Après les deux speechs, l’assistance a été conviée à visualiser le film intitulé « Les Dépossédés », une production de soixante-dix minutes qui propose un voyage impressionniste dans la réalité quotidienne des petits agriculteurs qui peinent à nouer les deux bouts…

Le clou de cette cérémonie de lancement du FAT a été la présentation du Livre « Pour la Dignité Paysanne », écrit par Déogratias Niyonkuru par l’auteur lui-même

La soirée- ciné de Béatrice Hôtel

Avec les mêmes intervenants (Mme Bishikwabo, M. Paluku et Déogratias Niyonkuru), le ciné-débat organisé par la CONAPAC dans la soirée de ce même samedi 16 novembre à Béatrice Hôtel aurait pu être un vrai remake de ce qui a été servi à Wallonie Bruxelles. Mais cette fois-là, la rencontre avait été rehaussée par la présence d’un public select composé des autorités politiques et administratives, de partenaires au développement, des délégués des structures alliées pour la plupart membres du CACO, et des leaders paysans venus de provinces. Dès 18H00, la salle polyvalente de Beatrice Hôtel a commencé à recevoir du monde. On a noté la présence du Secrétaire Général au ministère de l’Agriculture, du Représentant du Conseiller en charge de la lutte contre la pauvreté à la Présidence de la République, des membres de l’Alliance AgriCongo, de WBI, des représentants de l’ANAPI, et autres structures invitées.

Après les mots de bienvenue et de circonstance dit respectivement par le président de la CONAPAC et Mme la Représentante de SOS faim, l’assistance a été conviée à suivre la présentation de l’ouvrage « Dignité Paysanne ». L’auteur a repris son argumentaire de la journée en soulignant une fois de plus que l’Etat devra financer les activités structurantes que des structures.

Trois films étaient prévus pour cette soirée,  à savoir : (1) Le paradoxes de la faim dans le monde ; (2) Accaparement et vente illicite des terres dans le Kongo central, (3) Nord Kivu : quand les routes freinent le développement. 

Le film « Le paradoxe de la faim » montre qu’en 20121, on évalue à un milliard le nombre des personnes souffrant de la faim sur notre planète…Pourtant la Terre produit assez pour nourrir l’ensemble de la population : la faim ne devrait donc pas exister.  

« Accaparement et vente illicite des terres dans le Kongo central » montre plutôt les désastres causés sur la population par l’installation des grandes sociétés agropastorales dans les territoires du Kongo Central….privant ainsi les populations des terres cultivables.

« Nord Kivu : quand les routes freinent le développement. » …fait voir les souffrances des routiers victimes du mauvais état des routes avec des embourbements, des nids de poules, etc. Pendant qu’aucun signal ne vient du côté de gouvernants. 

Pistes d’actions pour la CONAPAC

Le contenu de ces documents visuels a donné les ailes au Chargé de plaidoyer de la CONAPAC pour présenter à l’assistance quelques propositions de plaidoyer de  la faitière nationale en ce qui concerne le foncier, et les infrastructures rurales. On retiendra de cette intervention que la CONAPAC revendique l’accès à la terre sécurisée pour les communautés paysannes à travers la promulgation de l’ordonnance présidentielle sur les terres des communautés locales, la revisitation des accords et contrats entre l’Etat, les concessionnaires et les communautés en vue d’appliquer la rétrocession des terres non mises en valeur par les concessionnaires ou en état d’abandon à l’Etat et leur redistribution aux communautés paysanne, l’’accélération du processus de la Réforme Foncière et une bonne articulation des politiques liées à la gestion et l’exploitation de la terre mais aussi prenant en compte la transparence dans les décisions d’affectation des sols et dans le mécanisme de recours et de justice, l’assouplissement de procédures d’obtention des titres et réduction sensible des frais y afférents et l’harmonisation de toutes les lois ayant une incidence sur le droit foncier des paysans.

Pour ce qui est des infrastructures rurales, la CONAPAC  revendique l’utilisation efficace et transparente du FONER par une cogestion décentralisée avec les organisations paysannes pour l’aménagement et la maintenance des voies de desserte agricoles.

Réagissant aux discours attendus dans la salle, le  Secrétaire général au Ministère de l’agriculture s’est dit très flatté par ce débat et a déclaré que son ministère attend mettre en place des conditions de promotion de l’agriculture familiale qui a un apport non négligeable dans l’alimentation de la population congolaise. Un cocktail a clôturé la soirée à la satisfaction générale….L’édition 2019 du Festival de films Alimenterre, FAT en sigle, s‘est tenu en République Démocratique du Congo durant le mois de novembre et Décembre 2019. Cette fois, plus d’un demi milliers de personnes ont assisté aux différentes projections organisées aussi bien en provinces qu’à Kinshasa, la capitale.

Six villes et quatre provinces ont accueilli cet évènement annuel organisé sous l’égide de l’Ong belge SOS Faim. La capitale Kinshasa avec ces sites : Wallonie- Bruxelles, Béatrice Hôtel, Espace Texaf Bilembo et UCOOPPMAKIN à Ndjili CECOMAF  ainsi que de Matadi, Mbanza ngungu, Lukula, dans le Kongo central, Kikwit au Kwilu, Mbandaka dans la province de l’Equateur et Kisangani dans la Tshopo ont constitué de véritables pôles d’attraction pour le FAT 2019.

Plus de vingt-six projections grâce à un éventail de films de films qui mettent en évidence les désordres alimentaires mondiaux, bien choisis par la coordination du FAT qui a cette fois-ci reçu et encouragé les productions locales à l’instar des documents audiovisuels produits par la CONAPAC lesquels sont à prendre comme des véritable outils  de plaidoyer.

Faut-il rappeler que le Festival AlimenTerre est un espace de débats et d’échanges sur les questions agricoles et alimentaires, où l’on met en avant la place des agriculteurs et  producteurs ainsi que leurs organisations, où l’on dénonce les attaques envers l’agriculture familiale  et on promeut un modèle agricole durable, rémunérateur et équitable.

Le FAT a pour objectifs de développer une citoyenneté internationale autour du soutien à l’agriculture familiale durable en mettant en débat les initiatives prises par des acteurs en vue de contribuer à la réduction de la pauvreté en milieu rural/ périurbain et à la sécurité alimentaire en RDC. Et d’Informer et sensibiliser la population et les décideurs à la nécessité de soutenir un modèle agricole plus équitable et plus respectueux de l’environnement et des écosystèmes tout en misant sur les Exploitations Familiales pour non seulement relever le défi alimentaire mais aussi lutter efficacement contre la pauvreté en RDC.

Le Festival entend non seulement alerter sur une série d’enjeux fondamentaux mais aussi et surtout, présenter des alternatives et des pistes d’actions vers un système agroalimentaire plus juste et plus durable. Le Festival s’est donné pour mission de rappeler au public que près de 1 milliard de personnes souffrent de la faim sur notre planète.  Plus de 2/3 d’entre eux sont des paysans.