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La CONAPAC appelle le Gouvernement à soutenir les agriculteurs dans les conditions d’urgence dues à la pandémie de COVID-19

DÉCLARATION DE LA CONAPAC SUR L’IMPACT DE LA PANDÉMIE DU CORONAVIRUS SUR LE SECTEUR AGRICOLE EN RDC Le monde vient d’être frappé par une crise sanitaire d’une ampleur sans précédent causée par le covid-19, autrement nommée coronavirus. Aux dégâts incommensurables évalués en pertes en vie humaines, il faut ajouter la crise financière qui menace l’économie mondiale. Les plus terribles conséquences seront assurément vécues par les pays à économie faible à l’instar de la RDC qui échappe difficilement aux turbulences socio-économiques et financières causée par cette pandémie. Ayant analysé les impacts de la pandémie sur le secteur agricole, la Confédération nationale des producteurs agricoles du Congo (CONAPAC) publie la présente déclaration en vue d’alerter le Gouvernement congolais sur une probable crise alimentaire qui non seulement se vit dans les grandes villes du pays, mais aussi s’annonce plus meurtrière dans un proche avenir. La pandémie du coronavirus est apparue au moment où la République Démocratique du Congo faisait déjà face à une insécurité alimentaire due, d’une part à l’insécurité généralisée à l’Est du pays dans les zones réputées de grainiers de la République, et d’autre part, aux attaques des criquets et des chenilles de maïs dans certaines zones. Le faible budget alloué au secteur agricole ne permet pas un décollage malgré la présence des projets importants financés par les partenaires financiers de la RDC. L’absence d’une politique agricole avec des orientations bien définies empêche également ce secteur stratégique de contribuer au développement socio-économique du pays. Bien plus, le pays fait face aux nombreux défis, notamment la forte dépendance de la RDC de l’extérieur sur le plan alimentaire (près de 4 milliards de dollars par an selon le rapport FAO 2018), le faible soutien et l’asphyxie de l’agriculture familiale, l’absence d’une politique et de mesures d’encadrement et de promotion de la production locale, et la tendance à privilégier les gros investisseurs dans le secteur agricole (Parc Agro Industriel, Programme volontariste). Les ravages causés par la pandémie du COVID 19 dans le secteur agricole se ressentent déjà, après les mesures de prévention et d’encadrement édictées par le Gouvernement, notamment en ce qui concerne la production et l’évacuation des produits agricoles et l’accès au marché de consommation. Par rapport à la production, l’on note la faible accessibilité aux champs suite aux mesures de confinement, le faible accès aux intrants agricoles (engrais, pesticide en provenance des milieux urbains, la diminution de possibilité de travail communautaire dans les villages suite à l’interdiction de rassemblement (champs Ecoles paysans)… Il est donc prévisible qu’une famine se déclare juste après cette période. En ce qui concerne l’évacuation et l’accès au marché de consommation, les producteurs agricoles font face aux difficultés d’évacuation des produits agricoles du milieu rural vers les centres de consommation. Il y a également les risques de perte des récoltes suite aux difficultés d’évacuation sans accompagnement des produits par les propriétaires, à l’absence d’infrastructures d’entreposage, de transformation et de conservation et la démotivation de producteurs pour accroitre leur production suite à la mévente. Aussi, la rareté des produits agricoles sur les marchés dans les milieux urbains suite aux restrictions de déplacement, l’augmentation exagérée des prix sur les marchés, le risque de détournement des produits agricoles par les transporteurs véreux suite à l’interdiction de convoyer les produits par les producteurs et la baisse drastique des revenus des paysans suite à la spéculation des opérateurs véreux sont autant d’aspects que le gouvernement devrait gérer afin de parer à la grande crise alimentaire qui va frapper la R.D.C. La CONAPAC mène un plaidoyer pour amener le gouvernement à l’évidence de la nécessité d’appuyer l’agriculture familiale car la pandémie a prouvé que la forte dépendance extérieure peut ouvrir le pays à une crise alimentaire qui conduirait à une déstabilisation politique certaine. Il est donc plus urgent d’arrêter des mesures d’encadrement susceptibles d’adoucir les effets néfastes de cette crise multiforme qui touche également les agriculteurs familiaux. La CONAPAC a vulgarisé les mesures de prévention et d’hygiène édictées par les autorités politiques et sanitaires. Entre autre, l’abandon des pratiques de travaux communautaires dans les champs et la sensibilisation des agriculteurs sur les mesures de prévention et d’hygiène. Ainsi, la CONAPAC appelle le Gouvernement à : : • Soutenir les agriculteurs dans les conditions d'urgence dues à la pandémie de COVID-19 à travers les mesures ci-après :  Annulation des certaines taxes sur les produits agricoles (TVA, taxes sur importation)  Mise en place par le gouvernement d’un mécanisme d’approvisionnement en produits agro-alimentaires pour les grandes villes du pays en associant les grandes faitières agricoles.  Mise en place de mécanisme de contrôle des prix sur le marché  Une mise en place d’un fond et son approvisionnement par les acteurs nationaux et internationaux par un appel de fonds par le gouvernement congolais en collaboration avec les acteurs de la société civile paysanne. • Mettre en place un programme d’urgence d’intensification agricole pour les agriculteurs familiaux • Mobiliser et renforcer les grandes structures paysannes pour l’accompagnement des agriculteurs familiaux • Mettre en place des mesures incitatives susceptibles d’impacter sur la production agricole des agriculteurs familiaux (mesures d’application de la loi agricole) • Faire une relecture du budget national pour privilégier le secteur agricole (Accords de Maputo et de Malabo), • Adopter et mettre en œuvre les mesures d’application de la loi portant principes fondamentaux relatifs à l’agriculture • Apporter des aides d’urgence aux petits agriculteurs vulnérables (distribution des vivres et intrants agricoles et équipement de protection) Pour conclure, la crise créée par la pandémie a prouvé aux différents dirigeants que la négligence de l’agriculture familiale est une erreur fatale dans le cadre des programmes gouvernementaux. Seuls les Etats qui auront soutenu leur agriculture familiale, résisteront face à la crise alimentaire qui risque de menacer même les pouvoirs politiques dans des pays fragiles comme la R.D.C. Que Dieu protège les agriculteurs familiaux Que Dieu protège la R.D.C. Fait à Kinshasa, le 02 Avril 2020 Pour la CONAPAC Methusalem Paluku Président du Conseil d’Administration

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