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Le CNPAF recommande la mise en place d’un commissariat général de l’agriculture familiale

Le CNPAF recommande la mise en place d’un commissariat général de l’agriculture familiale
Le Comité Nationale pour la promotion de l’Agriculture familiale en RDC (CNPAF /RDC) a organisé du 11 au 12 Août 2020 à Kinshasa, un atelier autour du thème : « Analyse de l’impact de la COVID 19 sur l’agriculture familiale en RDC, la réponse des paysans et de l’Etat Congolais » Cet atelier a abouti à la validation et la publication d’une déclaration finale que nous reprenons ci-dessous :

DECLARATION FINALE DE L’ATELIER D’ANALYSE DE L’IMPACT DE LA COVD19 : REPONSE DES PAYSANS PRODUCTEURS FAMILIAUX ET DU GOUVERNEMENT CONGOLAIS.
L’an deux mille vingt, les 11 et 12ème du mois d’Aout, les 34 , délégués des organisations des producteurs familiaux à portée nationale à savoir la CONAPAC (Confédération Nationale des Producteurs Agricoles du Congo), la COPACO-PRP (Confédération des Paysanne du Congo-Principal Regroupement des Paysans), l’UNAGRICO (Union Nationale des Agriculteurs du Congo) et ceux des provinces de Kinshasa, du Kwilu, Kongo Central et du Kasaï Central ; les délégués des organisations qui les accompagnent, les membres et experts du gouvernement national congolais, les experts des organisations nationales et internationales, les délégués des partenaires techniques et financiers ont procédé à une analyse de l’impact de la COVID 19, sur l’agriculture familiale : réponse paysanne et du gouvernement de la République Démocratique du Congo.
Les participants ont traité successivement les thèmes ci-après :

  1. Analyse de la réponse de la République sur la COVID : les Programmes, plans et politiques à court, moyen et long-terme.
  2. Actions et résilience des organisations paysannes pour lutter contre la COVID à court, moyen et long-terme
  3. Présentation de la décennie de l’agriculture familiale (plan d’action globale de la décennie AF) source d’inspiration pour le développement de l’AF et la résilience des Agriculteurs familiaux.
    Après des débats autour de ces différents thèmes, le CNPAF et les différents délégués ont fait le constat ci-après :
  4. La pandémie COVID19 a montré la fragilité des nombreux Etats dont la R.D.C.
  5. La nécessité de compter d’abord sur la production interne au lieu d’être à la merci des importations et de leurs aléas.
  6. Les Etats qui auront mis en place des politiques nationales promouvant l’agriculture familiale s’en sortent mieux, en terme de sécurité alimentaire et nutritionnelle que ceux qui ont développé l’agriculture de business tournée vers l’exportation de leur production.
  7. La RDC a pris des mesures courageuses à travers divers programme pour atténuer l’impact de la COVID 19, mais n’a pas suffisamment impliqué les producteurs familiaux dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation de ces différents projets.
  8. Les organisations des producteurs agricoles familiaux ont développé divers mécanismes de résilience afin de parer aux conséquences néfastes de la COVID19.
  9. Les communautés devront apprendre à vivre avec la pandémie. En effet, selon les différentes études des spécialistes en la matière (OMS), elle ne sera pas éradiquée pour sitôt.
  10. Il est prévisible que les conséquences sur la souveraineté alimentaire soient plus dramatiques si des mesures impliquant davantage les agriculteurs et producteurs familiaux ne sont pas prises et mises efficacement en œuvre à court, moyen et long terme.
  11. La R.D.C ne dispose pas jusqu’à ce jour d’un plan décennal de l’agriculture familiale (2019-2028) décrété par les Nations Unies, alors qu’elle a pris part à la rencontre de l’AG des Nations Unies.
  12. Les PTF et les organisations des Nations Unies œuvrant en R.D.C n’ont pas encore pris la mesure de la nécessité d’accompagner la RDC dans la mise en œuvre de la décennie à travers l’appui à la construction et la mise en œuvre du plan d’action national de l’agriculture familiale.
    Suite à cette analyse les participants ont pris les engagements et recommandations ci-après :
    I.Par rapport à la réponse du gouvernement congolais.
    1.1. L’engagement du gouvernement de lancer et de mettre en œuvre le Plan d’Action Global de la DNUAF, à travers un processus multi-acteurs, participatif et inclusif d’élaboration, d’adoption et de mise en œuvre d’un Plan d’action National de la DNUAF en RDC, comme réponse à la crise alimentaire générée par la COVID et au manque de résilience des systèmes agricoles congolais basés sur l’Agriculture familiale.
    1.2. L’implication effective des organisations professionnelles des producteurs agricoles familiaux dans les organes de gestion, la mise en œuvre et l’évaluation de tous les programmes en cours et ceux en élaboration d’atténuation de l’impact de la COVID 19. Il s’agit particulièrement des projets PMAIC ; de la gestion de la réserve stratégique…
    1.3.La mise en place des programmes durables et à long terme de lutte contre la pandémie et l’atténuation de ses impacts en intégrant les organisations professionnelles des producteurs agricoles familiaux dans leur conception, la mise en œuvre et leur suivi évaluation.
    1.4. Pour ce faire, le CNPAF, recommande la mise en place d’un commissariat général de l’agriculture familiale qui sera animé par les professionnels et la corporation des producteurs agricoles familiaux.
    1.5. L’adoption et la mise en œuvre efficace des mesures d’application de la loi portant principes fondamentaux relatifs à l’agriculture, promulgué depuis 2012 et dont la mise en œuvre traine suite à un processus lent de sa révision.
    1.6. L’élaboration et la mise en œuvre d’une politique nationale agricole intégrant l’agriculture familiale pour la promotion de l’entreprenariat agricole rural.
    1.7. La réglementation positive des accords commerciaux sur le libre-échange de manière à promouvoir et protéger la production nationale.
    1.8. Elargissement du programme couverture universelle de la santé, aux producteurs agricoles familiaux afin de les préserver des effets pervers de COVID 19 et des autres maladies.
    1.9. L’amélioration des allocations budgétaires tant au niveau national que des provinces, des moyens pour l’agriculture familiale en respectant les accords de MAPUTO que la R.D.C a ratifié renforcés par la déclaration de MAPUTO.
    1.10. Mettre en place un environnement politique favorable au renforcement de l’agriculture familiale.
    II. Pour les partenaires techniques et financiers.
    2.1. La révision de leur stratégie d’intervention afin de cibler les véritables professionnels afin de soutenir le gouvernement dans la création d’une classe des agri-entrepreneurs.
    2.2. La mise en œuvre d’une task force impliquant les producteurs agricoles familiaux, dans l’appréciation, la mise en œuvre et l’évaluation des différents projets qu’ils appuient non seulement dans le cadre des projets pour atténuer l’impact de COVID mais aussi sur l’ensemble des autres projets du secteur agricole.
    2.3. Relancer les groupes thématiques GT9 et GIBADER et la représentation des professionnels producteurs agricoles familiaux.
    2.4. Mettre en place, un fonds spécial destiné aux organisations paysannes des producteurs familiaux dans le cadre de la réduction de l’impact COVID 19 afin de les protéger contre les conséquences et les préparer à produire davantage pour parer à la crise alimentaire qui se pointe à l’horizon.
    2.5. Plus spécifiquement pour la FAO et le FIDA, la mise en place d’un programme intégré liée à la décennie de l’agriculture familiale comme cela se fait déjà dans d’autres pays en Afrique et dans le monde, par l’accompagnement technique et financier de ce processus en RDC..
    III. Pour les organisations professionnelles des producteurs agricoles familiaux.
    3.1. Le renforcement des activités d’éducation autour des comportements et attitudes de prévention et de lutte contre la pandémie COVID19 par la mise en place d’une cellule d’éducation autour des pandémies et autres maladies qui frappent les producteurs agricoles.
    3.2. Le renforcement des capacités des producteurs agricoles pour leur professionnalisation afin de promouvoir une classe moyenne des agri-entrepreneurs.
    3.3. La participation active à l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan d’action national de l’agriculture familiale, aux côtés de l’Etat et de ses partenaires.
    3.4. La mise en place et le renforcement d’un observatoire des actions du gouvernement en matière de lutte contre la COVID dans le secteur agricole.
    3.5. Renforcer la collaboration avec les centres de production semencière.
    3.6. Par ailleurs, les Organisations des producteurs agricoles familiaux s’engagent à mettre en œuvre le plan d’action national de l’agriculture familiale dans le cadre de la DNUAF 2018-2029 articulé autour des 7 piliers suivants, tels que repris dans son Plan d’Action Global :
    3.6.1. Mettre en place un environnement politique favorable au renforcement de l’agriculture familiale.
    3.6.2. Améliorer l’inclusion socio-économique, la résilience et le bien-être des communautés et des ménages ruraux.
    3.6.3. Promouvoir la durabilité de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche.
    3.6.4. Renforcer la multifonctionnalité des agriculteurs familiaux et leur capacité à promouvoir l’atténuation du changement climatique et les systèmes alimentaires qui préservent la biodiversité.
    3.6.5. Renforcer les organisations agricoles familiales et leur capacité à créer du savoir et à fournir des services inclusifs en zone rurale.
    3.6.6. Soutenir les jeunes et assurer la pérennité générationnelle de l’agriculture familiale.
    3.6.7. Promouvoir l’équité des sexes dans l’agriculture familiale et le rôle de leadership des femmes et des jeunes du milieu rural.

Ainsi fait à Kinshasa, ce 12/08/2020.
Les participants.